Keiki + Sunshine Republic @ Café Dada: J+30
13.04.2009|vincent & valentine
Il y a 1 mois, le groupe Keiki se produisait au Café Dada, qui, à l'allure où cela va, risque bien de devenir le dernier survivant de cette véritable purge qu'est en train de subir le monde des lieux alternatifs bruxellois. Keiki, un duo bruxellois de satanic pop, amenait avec lui les Anglais de Sunshine Republic, un collectif de drone que l'on peut définir comme le pendant ambiant de ce genre diabolique qu'est le black metal. Le café Dada est donc devenu l'espace d'une soirée la convention annuelle des amis du satanisme à deux balles, et ce, même si la prestation de Sunshine Republic a finalement plus fait penser aux expérimentations psychédéliques de Sonic Boom qu'aux vibrations démoniaques de Sunn 0))). Comme le satanisme ne nous fait pas peur, on a profité de l'occasion pour capter quelques extraits et improviser deux petits interviews pas très sérieux.
Psychotonique: Comment définiriez-vous la musique de Sunshine Republic?
Alan: Idiote
Perry: Très mal. C'est difficile d'en parler soi-même. C'est une sorte de drone que nous pratiquons pour nous amuser.
Alan: Je pense qu'on peut dire également que la maîtrise du volume est une des clés de notre musique.
Psychotonique: Sur MySpace, vous vous définissez comme un groupe de jam. Est-ce que cela la signifie que la musique de Sunshine Republic est assez improvisée?
Perry: On a commencé Sunshine Republic lorsqu'on était très jeune avec peu de personnes. Au fil du temps, des membres se sont rajoutés. On a donc adopté un principe qu'on pourrait associer à l'idée de jam, car l'important est que le groupe fonctionne indépendamment du nombre des musiciens qui le composent.
Psychotonique: Donc, vous n'avez pas de répertoire à proprement parler ?
Alan: Il y a plutôt des structures de morceaux.
Perry: Oui, on sait comment on veut commencer, terminer et par où on veut passer, mais il n'y a de gimmicks prédéfinis.
Psychotonique: Est-ce dans ces structures, vous pensez juste en terme de variations du volume sonore ou vous pensez également aux différents types de sons que vous allez utiliser ?
Alan: Oui, si on adopte généralement une structure qui va en crescendo, on pense également à l'intensitié et la profondeur des sons.
Psychotonique: Revenons au drone. Ce genre de musique étant ces dernières années souvent associé au black metal, qui à une imagerie gothico-satanique assez écrasante, comment vous situez-vous par rapport à cela?
Perry: On n'est pas sataniste. Par contre, il y a un gourou dans le groupe qui est là depuis le début, mais il n'est définitivement pas sataniste. (Rires)
Psychotonique: Mais est-ce qu'il y a un message subliminal dans votre musique?
Perry: Achetez-nous à boire. Nous aimons boire. (Rires)
Psychotonique: A ce sujet, on a pu constater ce soir que la configuration scènique du groupe (le goupe est assis derrière des tables avec tout leur matériel dessus) vous permet de boire des bières et griller des clopes tranquillement sans arrêter de jouer. C'est toujours comme ça?
Perry: Lorsqu'on est deux comme ce soir, on est quand même assez nerveux et on doit faire plus attention. Par contre, quand on est dix, on peut vraiment se laisser aller parce qu'on doit moins se concentrer, car le son ne dépend pas uniquement de nous. C'est plus amusant.
Psychotonique: Et est-ce que le nom "Sunshine Republic" contient lui un message politique?
Perry: Non, nous avons juste choisi ce nom parce qu'il nous faisait rire quand on était jeune, mais il y a des gens qui, lorsqu'ils voient ce nom, pensent qu'on est un groupe de reggae. On leur dit alors qu'on fait juste du bruit et ils s'enfuient en courant.
Psychotonique: Revenons à la musique, quel label est derrière Sunshine Republic?
Alan: Krayon Recordings est un label que nous avons créé nous-mêmes et sur lequel on distribue des groupes que l'on découvre et qu'on aime. C'est un peu foireux pour l'instant parce que notre plan pressage n'est pas des plus fiables et on n'arrive pas à sortir tout ce qu'on voudrait sortir.
Psychotonique: Comment définiriez-vous la musique de Keiki?
Raphaël: Satanic pop
Dominique: Oui, je la défini aussi de cette manière.
Psychotonique: Mais qu'est-ce qu'il y a de satanique dans la musique de Keiki?
Dominique: Les sourcils de Raphaël. Si on tire un peu dessus, cela lui donne un look satanique.
Psychotonique: J'ai été fort déçu la première fois que je vous ai vus sur scène, car je m'attendais vraiment à quelque chose de plus satanique avec des trucs comme des sacrifices de poulet.
Dominique: En effet, il n'y a aucun sacrifice, mais nous travaillons là-dessus.
Raphaël. Oui, mais nous préférerions sacrifier des petits enfants. Malheureusement, c'est difficile de trouver des candidats.
Psychotonique: Comment se compose un morceau type de Keiki? Vous commencez par la mélodie ? Et puis d'abord, pourquoi s'être passé d'un batteur ?
Raphaël: Parce que nous aimons les choses simples. Nous utilisons une Groovebox que je programme à la main. J'évite d'utiliser les fonctions d'enregistrement en temps réel pour donner cette précision quasi mathématique aux rythmes de Keiki. Sinon, en général, nous partons de riffs de guitares.
Dominique: Ensuite, nous travaillons les textes et les mélodies et puis Raphaël termine sur les rythmes. Enfin, si et seulement si on trouve que cela peut coller, on utilise le thérémine.
Psychotonique: Pour les textes, est-ce que tu les écris sur le moment ou est-ce que tu reposes sur une base composée, comme par exemple, des poèmes de ton enfance?
Dominique: J'ai un stock qui se constitue d'idées, d'extraits de films, mais généralement, j'improvise sur la musique.
Psychotonique: J'ai entendu que Dominique était une sorte la "Slash" de la musique alternative underground belge. Dès qu'un groupe cherche une chanteuse, tu étais disponible.
Dominique: Pardon?!? Tu insinues que je suis une prostituée? Je tiens à signaler que je ne suis pas payée. Je fais cela pour l'amour de la musique. J'ai beaucoup de temps libre. Je ne travaille pas trop.
Psychotonique: Sérieusement, tu participes à combien de projets?
Dominique: Quatre: Keiki, Naifu, Sürfhead et Runt, un nouveau projet avec deux Écossais, mais on ne joue pas très souvent, car l'un deux est basé à Glasgow. Quand j'ai le courage, je travaille également sur mon projet solo qui s'appelle Baby Fire.
Psychotonique: J'ai écouté la démo annonçant le nouvel album de Keiki. J'ai l'impression que depuis le premier album vous avez appris à jouer plus rapidement?
Raphaël: Oui. Les choses que tu peux faire évoluent et parfois, tu découvres par exemple que tu peux changer le tempo sur une Groovebox. Tu sais, le mode d'emploi de la Groovebox que nous utilisons est très volumineux. Comme je lis lentement, je viens seulement d'arriver au chapitre "changer le tempo". (Rires)
Dominique: Maintenant, nous sommes en mesure de faire du Atari Teenage Riot.
Psychotonique: Dans la forme et, en quelque sorte, dans le genre, Keiki se rapproche du groupe Soldout. Comment vous vous situez par rapport à ce groupe? Est-ce que vous voulez atteindre le même succès?
Raphaël: En fait, je n'ai jamais écouté.
Dominique: Je ne veux pas être aussi célèbre que ce groupe, mais j'espère qu'un jour je serai assez connue pour qu'on me pose la question "Avez-vous un message pour les jeunes belges?"
