Pour en finir avec Nicolas Buissart

14.10.2008|Vincent

On admet volontiers que l'on s'est peut-être un peu égaré en transformant psychotonique.be en relais officiel des frasques de Nicolas Buissart. Cela dit, vous en connaissez beaucoup des artistes qui détournent leurs commandes pour en faire un outil de propagande à la gloire de votre site? Bref, avant de passer définitivement à autre chose, on va essayer de clôturer ce long chapitre estival en vous expliquant comment on en est arrivé là et surtout, vous balancer le reportage sur la botte que nous avions annoncé subliminalement dans le montage publié ici-même.


Installation permanente réalisée dans le cadre du Festival OnZE (Bulex)

Lorsque l'heure de la nouvelle saison des festivals a sonné, on s'est à nouveau mis en quête d'un angle d'attaque plus ou moins emballant histoire de couvrir la chose avec plus d'entrain. Dire que les comptes-rendus traditionnels nous lassent relève de l'euphémisme. Ils nous fatiguent ces articles reposant sur une introduction plaçant le décor, immédiatement suivie par une succession de paragraphes faisant tourner les 50 mêmes mots pour tenter de décrire vaille que vaille les différents sets que le chroniqueur du jour a soi-disant vu. Et ce ne sont pas les transitions "gonzos" où l'on détaille la quantité d'alcool absorbée qui rendent l'exercice plus attractif. Loin de nous l'idée de se sentir au dessus de la mêlée, Laurent et moi avons abusé de cette formule magique par le passé.

C'est donc principalement pour cette raison que depuis l'avant-dernière édition du festival de Dour, nous avons préféré surfer sur la vague "Internet 2.0" et opté pour une couverture vidéo des festivals, reste qu'il faut savoir faire son auto-critique et bien admettre que ce fût un coup de chance si le résultat final donnait relativement bien. On peut encore vraiment dire merci à toutes ces personnalités joyeusement débonnaires et aux indépendistes andennais qui ont donné du cachet à nos micro-tottoirs complètement bancals. Bref, c'est bien beau l'idée d'adopter la mode "Internet 2.0", mais on ne pouvait décemment pas aborder la nouvelle saison des festivals sans trouver un vrai sujet.

Ce vrai sujet, on l'a trouvé en la personne de Nicolas Buissart. Ce qui est marrant, c'est qu'on l'avait justement rencontré lors de cette avant-dernière édition du festival de Dour. Il dormait au même camping 4 étoiles que nous et s'était distingué par des blagues débiles sur Jean-Claude Van Cauwenbergh. Je suis retombé dessus quelques mois plus tard et j'ai appris que derrière ce phénomène de foire charismatique, se cachait l'artiste, designer et inventeur émérite du bracelet à mayonnaise, du marcel and I, de la fausse porte de garage, du bras de comptoir, du MilouX... J'en passe et des meilleurs. Je suis allé quelques jours plus tard à un vernissage à sa gloire. Un DVD sur le personnage réalisé en collaboration avec la Direction Générale des Affaires Culturelles de la Province du Hainaut y était diffusé en boucle. C'est impossible de ne pas devenir immédiatement fan du personnage après avoir vu ce florilège d'auto-foutages de gueule assumés, de répliques carolos revanchardes et de discours joyeusement pro-consummériste. Certes, pour certains, c'est beaucoup trop belge.

C'est à la suite de cette exposition que j'ai vraiment sympathisé avec le gaillard et que je lui ai proposé qu'on suive ses déambulations au festival de Dour. En contrepartie, il nous a demandé de coucher sur disque dur sa performance au festival Esperanzah, festival que nous n'aurions normalement pas couvert tellement sa programmation ne nous inspire au mieux que des bâillements. Vu qu'on a déjà mis en ligne le résultat de notre présence à Esperanzah (pour ceux qui n'auraient pas encore vu la chose, c'est ici, ici et ici), voici venu enfin le moment de vous montrer le fruit de notre collaboration douroise:

Ce reportage montre bien le phénomène dans toute sa splendeur. On place le bonhomme devant une caméra et tel un lapin sous pile alcaline, il se met en branle et fait son show. Personnellement, je trouve cela magique. Il appelle cela du strategic art, l'art étant avant tout une affaire de médiatisation.

Qu'on le qualifie de décalé, d'artiste allumé, de trublion illuminé, de phénomène de foire assumé, une chose est certaine, c'est qu'il y a un truc avec lui qui donne envie d'en faire sa mascotte. Mais bon, toute bonne chose ayant une fin, on va maintenant se reconcentrer sur la musique et il faudra maintenant suivre les prochaines aventures de Nicolas Buissart sur hartebeertje.com, le site officiel de son collectif à géométrie variable, qui devrait être mis en ligne dans les semaines à venir.

 

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