Le barakisme est-il un humanisme ?

07.10.2008|Cécile

Ces derniers temps, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer un phénomène fort intéressant, qui, bien que déjà pointé par nombre de mag branchouilles, m’était jusqu’alors apparu comme une simple blague- du genre MGMT réinvente la musique ! Les Fluokids ont pris le pouvoir ! – je veux parler ici du retour du beauf. Ce fait de société, qui m’avait laissée indifférente , commença à me titiller l’esprit lorsque je vis que même ceux qui écrivent ailleurs que dans des fan/webzines ( à savoir dans les livres ) s’y mettaient . "Eloge de la vulgarité" trônait donc – aux dernières nouvelles- en bonne vue chez Tropismes, entre un énième volume de Foucault et un livre de photos de Deleuze pour étudiantes en philo en rut. Mais qu’est-ce à dire me direz-vous ? Hé bien il semblerait qu’on assiste dernièrement à un retour sous toutes ses formes d’un certain art de vivre "beauf", accompagné d’une formidable décomplexion de l’ a-culture, de la franche rigolade, du mauvais goût, voire de la vulgarité. : terrain de pétanque partout en ville, soirées "rade" organisées à Paris par Vice, soirée Baraque à frites quelque part à Bruxelles, réinvestissement de cafés foot à Saint-Gilles, présidentiable en short et ray-ban mettant la main au cul de sa mannequin de meuf, riche parvenus totalement sans vergogne, retour du gros-rigolos un peu partout à la télé, et, last but not least, battage médiatique démentiel autour de l’installation performance de Nicolas Buissart à Esperanzah 2008, la cabane de barakis (ndlr: pour ceux qui n'auraient pas vu notre reportage sur la chose, c'est ici, ici et ici). Le temps où le beauf était tout honteux d’aller au PMU en marcel est révolu, celui où Woody Allen engageait un professeur de bon goût pour combler ses lacunes de nouveau riche inculte aussi. Aujourd’hui, pourquoi s’embarrasser de toute cette culture, cette éducation, de toute cette retenue : l’ère de l’ici-maintenant génère collatéralement une tendance nette à la régression vers cette période bénie qu’est l’enfance, dont le mojo est le suivant : là où y a d’la gêne, y’a pas d’plaisir ! Ce qui est intrigant dans cette affaire est de voir que pour une fois, la Belgique est loin d’être en rade, niveau beaufitude. Elle possède même un vocable spécifique – contrairement au minable "beauf" français, contraction de « beau-frère » - le baraki. On peut donc parler de barakisme, à l’instar de la beaufitude française.

La question que posera cet article est celle des racines de ce mouvement, dont on constate qu’elles sont aussi complexes qu’entremêlées. Je m’excuserai à l’avance pour ceux qui trouveront cet écrit trop didactique : il vise à une compréhension scientifique du phénomène, et est issu des divagations les plus sérieuses d’un cerveau en déroute au bord du Danube. On abordera pour plus de facilité le barakisme à trois niveaux : le niveau de la conscience individuelle, qui est celui de la subjectivité dans ses modes constitutifs les plus purs, le niveau de la conscience collective, que l’on peut englober sous le terme de culture/ civilisation, et enfin, le niveau de la conscience universelle à savoir les invariants constitutifs de l’Humanité. Certains petits finauds qui ont bien suivi, remarqueront qu’il n’y a pas vraiment de différence entre le niveau individuel et le niveau universel. C’est vrai. Et alors ?

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Comment l'abus de psychotoniques peut nuire à la musique

05.07.2008|Laurent

Voilà la réflexion qui vient à l'esprit à l'écoute des derniers disques de deux pointures des années 90 : Tricky et The Dandy Warhols.

Le premier nous sort des horreurs depuis longtemps, loin de son trip-hop légendaire. C'est l'oreille distraite que l'on décide de donner encore une énième chance. Ca ne vaut certainement pas Maxinquaye, oh que non, c'est beaucoup trop brouillon et casse-burnes. Un peu moins que d’habitude peut-être. C'est vrai qu'il a fait des efforts avec sa tête d'évadé de prison camé (dont il joue et pose à profusion). Car on ne peut pas dire que le gars soit dépourvu de talent ni de moyens. Il l'a prouvé par sa production des débuts, sa voix en écho à la sensuelle Martina Topley-Bird. Il l'a prouvé en guest star chez d'autres (on pense notamment à Massive Attack, oui, mais aussi à Terranova - le formidable Bombing Bastards dont le clip figure ci-dessous).


Terranova - Bombing Bastards

En parlant de talent et de moyens, The Dandy Warhols se posent là avec leur dernier album. Autant le dernier en date pouvait séduire car il attaquait des terrains jusque-là inconnus et risqués commercialement, autant ici on a juste fait le contraire (ou comment l’abus de psychotoniques peut nuire à la musique). Les titres sont tous de la même portée : fun, fun, fun. En ayant négligé le reste malheureusement. On dirait du Dandy en concert (première demi-heure s'entend, celle où on se demande quand ça va enfin décoller tant ils jouent et chantent n'importe comment – ou comment l’abus…). On se devait de revoir pour l'occasion Not if you were the last junkie on earth.


The Dandy Warhols - Not if you were the last junkie on earth

Les deux albums ne sont pas nuls. Non. Ils le sont par contre vu les artistes qui les sortent.

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