psychotonique.be et Bulex asbl présentent Keiki et Alk-a-line
19.04.2009|Vincent
En 1994, Tim Burton signait le film Ed Wood qui s'ouvrait par l'excellent générique ci-dessous. La musique, composée par Howard Shore, est hantée par ce sifflement très "soucoupe volante", typique des productions horrifiques des années 50. Howard Shore a obtenu ce son en utilisant un thérémine. Selon Wikipedia, le thérémine est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1919 par le russe Lev Sergeïevitch Termen. Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, le thérémine a la particularité de produire de la musique sans aucun contact physique de l’instrumentiste. Dans sa version la plus répandue, on contrôle la hauteur de la note de la main droite, en faisant varier sa distance par rapport à l’antenne verticale. L’antenne horizontale, en forme de boucle, est utilisée pour faire varier le volume selon sa distance par rapport à la main gauche.
Si on vous raconte tout cela, c'est parce que le thérémine et, d'une certaine manière, l'univers grand-guignol sont les traits communs qui unissent Keiki et Alk-a-line, les deux duos bruxellois que nous vous invitons à découvrir lors de la 3ème soirée JeudiBars que nous co-organisons.
Attention les oreilles: c'est un extrait d'une version française!
Alors, on vous rassure tout de suite: il n'est pas question de vous proposer une soirée où l'on va jouer aux historiens de la musique en faisant une démonstration d'un instrument expérimental que personne ne connait. Keiki et Alk-a-line sont deux formations d'electro-rock fracassant qui utilisent le thérémine avec parcimonie et uniquement à des fins marketing pour attirer les amateurs de sons en provenance directe de la quatrième dimension. Non, on n'en sait rien. On raconte n'importe quoi.
On ne va plus trop s'attarder sur le cas Keiki. L'article qu'on a publié sur eux et Sunshine Republic la semaine dernière est déjà une bonne base. Le groupe se définit comme une formation de satanic pop. Si la raison semble finalement assez vague, la bio officielle du groupe résume admirablement bien le concept:
Lorsque Black Sabbath rencontre Kraftwerk dans le sillage de Enon, Add N to X et LL Cool J, lorsque des corps se confrontent à l'électricité au travers de guitares amplifiées, lorsque l'amplitude d¹un voltage définit le tempo d¹une boîte à rythmes, lorsque la variation de la conductance de l¹air présent entre un corps humain et une antenne induit des notes émises par un theremin, lorsque la propagation d¹ondes sonores d¹intensité variable sculpte l¹atmosphère d¹un chant émotif.
Keiki est un duo bruxellois post-electro-alt-rock-peu importe comprenant une chanteuse semi-anglaise et un guitariste semi-italien. Ce n'est ni sage, ni gentil, ni vraiment heureux mais il pourrait parfois nous donner l¹envie de jeter les bras en l'air et de crier sans dire de mots. En japonais, "keiki" veut dire "cake" et "fukeiki" signifie "dépression".
On ajoutera que la voix de sa chanteuse lui a valu le surnom de "PJ Harvey d'Anderlecht". Vous admettrez qu'il y a pire comme référence. Pour le concert du JeudiBars, il paraît qu'il y aura une surprise dansante de taille et peut-être même un sacrifice pour (enfin) respecter dignement cette étiquette "satanique" qu'il s'est donnée.
On programme également Alk-a-line parce que cela collait bien avec Keiki et qu'on avait envie de juger sur scène ce duo formé par la bassiste Laurence Castelain et la ténébreuse claviériste et théréministe Sandra Hagenaar dont on a fort apprécié la présence chatoyante au sein du groupe Les Angles. A l'instar de Keiki, Alk-a-line se plait à vous noyer sous les références diamétralement opposées et à ne pas se prendre trop au sérieux. Quoi qu'il en soit, si le groupe déborde d'une énergie bien rock n' roll, le résultat sonore est nettement plus électro que rock. Les paroles du groupe rappellent la grande époque où la scène alternative belge était menée par tous les groupes potaches ou politiquement incorrects de La Famille. Pour tout avouer, on aurait crevé d'envie de pouvoir vous proposer Noise Gate en guise de tête d'affiche de cette soirée. Malheureusement, le groupe n'est plus du tout en activité.
Alk-a-line a aussi pour lui une réputation fort séduisante de petit trublion des soirées electro-gothique auxquelles il est parfois invité. Le côté ouvertement déjanté du groupe n'est visiblement pas du goût de certains corbeaux qui prennent désespérement trop au premier degré l'importance du suicide dans leur genre de prédilection. Bref, on demande vraiment à voir comment se défend la bête sur scène.
Pour rappel, les concerts co-organisés par psychotonique ont lieu dans le cadre des JeudiBars. Pour ceux qui ne connaissent pas le concept, sachez que ce sont des soirées articulées autour d'un concert, organisées tous les jeudis par le Bulex dans la salle de gym de l'Ancienne Ecole de Batellerie que le Bulex occupe depuis quelques années déjà. La formule des JeudiBars est la même depuis un bail. Les festivités débutent par une jam ouverte à tous les motivés passant par là et se clôturent par une de ces soirées éclectiques dont le Bulex a le secret. Entre les deux, il y a le concert. Pour connaître le programme des JeudiBars des semaines à venir, je vous invite à visiter le site du Bulex.
Pour info, le JeudiBars du 7 mai sera un peu particulier, car il débutera par le vernissage de l'exposition OnZE. Le Bulex organise cette exposition multidisciplinaire 2 fois par an et on vous conseille vivement de profiter l'occasion pour jeter vous balader dedans. Les festivités commenceront donc à partir de 18h. L'Ancienne Ecole de Batellerie est située à deux pas du site de Tour & Taxis, plus exactement au 10 rue Classens à 1020 Bruxelles. L'entrée est gratuite si vous arrivez avant les concerts. Ensuite, c'est un prix dégressif suivant une logique mathématique pas trop compliquée à comprendre (5 euros pendant les concerts et 3 euros pendant la soirée).
Pour plus d'infos, n'hésitez pas à nous contacter en utilisant l'adresse info (arobase) psychotonique.be.
