A quand l’Hadopi de la presse?
21.03.2009|bienbienbien.net
(...) Tout le monde se jette à corps perdus sur le problème des maisons de disques et des producteurs de cinéma que l’ogre internet vole et spolie, mais la presse, tout le monde s’en fout.
Or, la crise qu’elle traverse est - comme pour les artistes - largement due au Web. Si, si. Parce que, lorsque les journaux ont lancé leur site internet, les dirigeants ont eu une idée géniale : “les gars, on va filer notre contenu gratuitement, voilà, oui, c’est cadeau”. Et, c’était un peu la fête du slip, on allait voir ce qu’on allait voir. Allez, vous pouvez fouiller dans nos archives, vous pouvez lire tout le journal en ligne et puis tiens, ce que j’ai pas pu mettre dans la version payante, je vous le file gratuitement sur Internet, vidéos et son compris. Et comment les journaux allaient-ils se rémunérer ? Facile : avec la pub. Les gens sont tellement gentils qu’ils vont cliquer sur les liens, bien sûr. Voilà qui va générer du cash-flow !
Et même si aujourd’hui, les journaux sont un peu revenus de ce modèle “tout gratuit”, la grande majorité du contenu récent reste accessible sans frais. Au pire, il faut se créer un compte. Mais on a pris le pli : la presse sur Internet, c’est en libre accès. Et la musique, pas. Et le cinéma, pas.
Inadmissible, donc. Il est plus que temps que le contenu fourni par les journalistes soit rémunéré monnaie sonnante et trébuchante. Il est indispensable que l’Assemblée propose une sorte d’HADOPI de la profession. Après des États Généraux laborieux l’année dernière, il faut des mesures fortes - une riposte graduée - pour que les gens apprennent à mettre la main au portefeuille et plus que tout pour stopper l’hémorragie qu’est le partage de contenu. Car pour l’information comme pour la musique ou le cinéma, le cœur du problème, c’est le partage.
Par exemple, vous lisez un article sur le site du Monde et le midi, à la cantine, vous en faites un bref résumé entre le fromage et la tarte au citron meringuée. Et vous vous pensiez innocent ? Deux jours plus tard : paf, vous recevez une lettre de mise en garde avec un bulletin d’abonnement à Valeurs Actuelles. (...)
Source: BienBienBien
