Bons à enfermer?
02.06.2008|Laurent
S'il y a bien une chose que l'on partage jusqu'aux fonds des tympans chez psychotonique, c'est le goût prononcé pour le bruit. Rien à faire, inexplicable et inexpliqué pour beaucoup, c'est plus fort que nous. Force est de constater que les disques honorés en nos colonnes sont des illustrations parfaites des mille et un détours que l'on peut faire dans la musique pour se rapprocher du bruit. Ou le contraire. Ce rapprochement du Paradis/Enfer nous fait perdre la tête.
Après les cultissimes The Warlocks et les légendaires Brian Jonestown Massacre (dont Vincent fignole la chronique depuis la nuit des temps), c'est le punk à la Pixies des Shoot at unarmed men ou le post punk des Film School qui nous ont enivrés. Tous, à part les SAUM, sont américains. Serait-ce le symptôme de la contre-culture néo-conservatrice?
No Age est la dernière trouvaille - américaine encore une fois - qui nous a bottés, et comment! Thee Oh Sees également, si proche de la bande-son du formidable dernier film de Tarantino (Death proof), comporte cette part de saleté qui nous attire ici. Enfin, jamais deux sans trois, c'est avec Indian Jewelry que l'on prend intégralement son pied. Le crade, encore le crade, toujours le crade. C'est ce qui nous motive. Ce seront assurément nos psychotoniques de l'été.
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La bonne surprise
01.05.2008|Laurent
En lançant le site, on s'est d'abord dit qu'il n'y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent, et que 2008 semblait franchement tristounet. Mais de qui va-t-on parler pour symboliser le start-up? s'est-on alors demandé. Quel artiste va résumer l'état d'esprit qui est le nôtre en ce début avril? Avec Portishead, la réponse a été claire et nette, et ce d'autant plus qu'on ne s'y attendait pas vraiment.
En effet, le changement de registre est la première chose qui frappe à l'écoute de Third. Attention, ils ne font pas du speed metal non plus, mais nous ne sommes plus dans cette nappe cinématographique sur laquelle madame miaule, pleure et se lamente. Entretemps, faut-il le préciser, Beth Gibbons a sorti un album en solitaire, d’une sobriété qui contrastait avec Portishead. Sur Third, les titres défilent et se complètent à la perfection. D'un côté, on trouve des titres tarabiscotés, triturés, torturés, comportant des sonorités crades et novatrices à la fois. A titre d’exemple, le single très Björkien se veut la vitrine aguichante/repoussante de ce que l'on trouve en magasin. A côté de ça, on a droit à des ballades touchantes (Deep water) rappelant plutôt la période solo de la cantatrice. Enfin, certains titres font du va-et-vient entre les deux tendances (The Rip). Autre récurrence réjouissante sur cet album : l’utilisation, sous maintes formes, de boucles et de chipotages électroniques évoquant les ritournelles des - Magic - Doors (comme le puissant We carry on, ou le magistral Small). La voix de Beth Gibbons ne s’est jamais aussi bien entourée de sonorités aussi inédites (signées par mister Geoff Barrow), mêlant nostalgie et avant-garde à la fois. On sort des premières écoutes enchanté, envoûté, ensorcelé. On n’est pas sûr que c’est encore du Trip hop, mais on s’en fout. C’est une énorme claque. C’est la première de l’année.
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