Mercury Rev

Pour la petite histoire:

Certains s'en souviennent peut-être, mais avant de signer Deserter's Song et ces deux "copier/coller" que son All is Dream et The Secret Migration, chefs-d'oeuvre de pop lyrique finement orchestrale aux relents crépusculaires, Mercury Rev a signé trois albums hallucinés qui détonnent encore dans le paysage indie des années 90. Yerself Is Steam, Boces et See You In The Other Side transcendaient le courant noisy-pop et grunge de l'époque en y insufflant un psychédélisme baroque complètement frapadingue que personne (à l'exception peut-être de Jackie-O-Motherfucker) n'est encore parvenu à égaler. Le groupe était alors mené par ce génie incompris qu'est David Baker et signait des prestations soniques qui faisaient passer toute la scène noisy de l'époque pour des enfants de choeur. A l'heure de la sortie de leur 7ème album, Mercury Rev semble visiblement commencer un 3ème cycle.

Snowflake Midnight

V2 (2008)

Genre Virage mal négocié
Durée de vie Cette soupe risque de rester longtemps dans les annales
Résumé

Si on se base sur les chiffres, il faut croire que Mercury Rev procède par trilogie. Si cette théorie s'avère fondée, on a hâte que les huitième et neuvième albums sortent vite afin que cette mauvaise passe ne s'éternise pas trop. Ceux qui croyaient que le visuel kitsch de leur précédente tournée était du second degré peuvent revoir leur jugement, car cette tentative de composer un album de pop synthétique prouve le contraire. Le résultat est infâme kitscherie new-age qui transforme n'importe quel album de Pet Shop Boys ou Depeche Mode en chef d'oeuvre intemporel. Selon cet interview, Mercury Rev aurait utilisé des logiciels de pointe générant des sons innovants. Si tel est cas, on se dit que la musique assistée par ordinateur de demain risque d'être profondément horripilante. Les meilleurs moments de cette plaque rappellent dans le meilleur des cas Tangerine Dream. Les pires donnent des mélodies naïves à ranger quelque part en The Orb et l'euro-dance des années 90. C'est catastrophique et ce ne sont pas les miaulements de Jonathan Donahue chantant son amour pour les papillons qui vont arranger les choses. Seul le morceau People are so unpredictable est à sauver de ce naufrage. Sa construction en crescendo vers une explosivité électrique bien contrôlée n'est sans rappeler Lincoln's eyes de All is Dream.

A ranger Dans le décor ou au rayon "fleurs artificielles" de votre supermarché
Conseillé pour Tous les amateurs de théorie new-age ou de fleurs en plastique
Déconseillé A ceux qui ont déjà eu très peur en écoutant Deserter's Song
Note

Soumis par Vincent le 19/11/2008

Strange Attractor

mercuryrev.com (2008)

Genre Deuxpointzeronerie
Durée de vie Déjà mort
Résumé

Alors qu'ils étaient en studio occupés à se mettre up-to-date en composant de la musique avec des logiciels de pointe, les membres de Mercury Rev apprennaient que Radiohead venait de mettre son nouvel album en libre téléchargement. Horreur, malheur, Mercury Rev était déjà dépassé! Pas découragé pour autant, notre trio dynamique a vite compris qu'il arriverait à faire la même chose en laissant leurs ordinateurs générer des mélodies aléatoires qu'il pourrait packager ensuite comme une exclusivité instrumentale réservée aux internautes. Le résultat s'appelle donc Strange Attractor et on peut l'obtenir gratuitement si on s'inscrit à la mailing-list de mercuryrev.com. Si la page d'ouverture est plutôt bien et évoque des bandes originales de séries HBO, le reste est navrant et semble constituer une mauvaise copie des bandes originales qu'Eric Serra composait pour Luc Besson. Encore heureux que l'album soit instrumental, car on n’ose pas imaginer ce que cela aurait donné avec un Jonathan Donahue chantant son amour pour les dauphins.

A ranger Parmi les bandes originales d'Eric Serra
Conseillé pour Les fans d'Eric Serra (cet album aurait cartonné s'il était sorti dans la foulée du Grand Bleu et Nikita)
Déconseillé Ceux qui n'aiment pas Eric Serra
Note

Soumis par Vincent le 19/11/2008

 

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